L'adénomectomie de l'hyperplasie de la
prostate
La prostate
Définition anatomique
La
prostate est une
glande annexée à la partie initiale de l'urètre
masculin. Elle est située en arrière de la symphyse pubienne, en avant
du rectum, en dessous de la vessie, entre les deux muscles releveurs
latéralement de l'anus.
Elle est
traversée par l'urètre, l'utricule prostatique et les canaux
éjaculateurs.
Elle est
constituée par un ensemble de petits culs-de-sac glandulaires avec
leurs canaux excréteurs qui secrètent un liquide de dilution pour les
spermatozoïdes, le liquide
prostatique.
L'hyperplasie prostatique bénigne ou
adénome de la prostate
L'adénome
de la prostate est une augmentation du volume de la prostate, non
cancéreuse.
Signes cliniques
- Pollakiurie diurne et nocturne :
augmentation de la fréquence des mictions avec des urines peu abondantes
- Dysurie : gêne de la miction définie par
un jet d'urine faible, éventuellement hachée avec poussées abdominales
pour déclencher ou terminer celle-ci.
Diagnostic
- Toucher rectal : augmentation de la
prostate, lisse, régulière, indolore.
Complications
- Rétention aiguë d’urine avec globe
vésical.
- Accidents infectieux :
épididymite, adénomite.
- Lithiase vésicale.
- Hématurie.
- Insuffisance rénale.
L'hyperplasie prostatique maligne ou
cancer de la prostate
Le cancer
de la prostate est tumeur (masse tissulaire anormale) de la prostate
liée à la prolifération anarchique et indéfinie d’un clone cellulaire
dit cancéreux conduisant à la destruction du tissu original, à
l’extension locale, régionale et générale de la tumeur et à la mort de
l’individu en l’absence de traitement.
Signes cliniques
- Pollakiurie diurne et nocturne :
augmentation de la fréquence des mictions avec des urines peu abondantes
- Dysurie : gêne de la miction définie par
un jet d'urine faible, éventuellement hachée avec poussées abdominales
pour déclencher ou terminer celle-ci.
- Impériosité mictionnelle.
- Hématurie.
Examens complémentaires diagnostics
- Toucher rectal : lésion indurée
irrégulière de la prostate.
- Dosage PSA.
L'adénomectomie de la prostate
Définition
L'adénomectomie de la prostate est l'exérèse de la partie
fibro-adénomateuse hypertrophiée de la prostate.
Il y a 2 types d'adénomectomie :
- Voie transurétrale : un appareil
endoscopique est introduit dans l'urètre, au bout duquel il y a un
résecteur qui va couper l'adénome en copeaux.
- Ablation à ciel ouvert : voie
sus-pubienne, voie périnéale, voie rétro-pubienne.
Préparation de l'intervention
- Examen biologique pour évaluer l'état
général du patient : NFS, coagulation, RAI et groupe sanguin, fonction
rénale, ionogramme, PSA (Antigène Spécifique Prostatique : marqueur
tumoral utilisé pour la détection du cancer de la prostate. Le PSA est
spécifique de la prostate et non pas du cancer. Norme : <
4ng/ml).
- Examen radiologique :
- Débimétrie : Le patient urine dans un
appareil qui mesure la vitesse et la puissance du jet ainsi que la
quantité d’urines émises lors de la miction. Cet examen objective les
troubles urinaires.
- Radiographie pulmonaire, E.C.G.
- Echographie endo-rectale pour apprécier
le volume de la prostate.
- Urographie intraveineuse.
- Préparation physique : douche
antiseptique la veille et le matin de l'intervention, champ opératoire,
à jeun, lavement évacuateur, prise des constantes, prémédication.
Surveillances post-opératoires
- Surveillance des risques liés à
l'anesthésie : réendormissement, détresse respiratoire, agitation,
hypotension, bradycardie, tachycardie, syndrome de Mendelson.
- Eviter la présence de caillots dans la
sonde vésicale à double courant : la sonde vésicale à double
courant permet une irrigation continue de la vessie afin de limiter le
problème de caillotage.
- S'assurer de la bonne position des
sondes (déclive, pas de coudure).
- Irrigation continue de la vessie.
- Traire la sonde vésicale afin de
mobiliser le caillot.
- Désadapter la sonde du collecteur et
injecter de 40 de sérum physiologique puis ré-aspirer pour essayer de
ramener les caillots.
- Surveillance des signes hémorragiques :
pouls, tension, état général, agitation, faciès, sueur, coloration du
liquide de drainage.
- Surveillance de la diurèse : bilan
entré/sortie ; aspect, odeur, couleur des urines.
- Surveillance du risque d'hypothermie du
fait que du liquide passe en très grande quantité.
- Surveillance de la douleur : EVA,
prescription médicale d'antalgique.
- Risque d'hyponatrémie car on passe
beaucoup de sérum physiologique : le sodium est dilué par hémodilution.
- Surveillance du risque de thrombose
veineuse profonde : signes de la thrombose veineuse profonde, lever
précoce, prescription médicale d'anticoagulant.
MAJ:10/10/2008