L'alcoolo-dépendance
Définition
L'alcoolo-dépendance est l’incapacité du sujet à s’abstenir de
consommer sous peine de souffrance physique et/ou psychique.
On ne
parle plus d'alcoolique mais de trouble biopsychosocial ou de maladie
alcoolique multifactorielle.
L'alcoolo-dépendance est due à une relation de cause à effet comprenant
3 points :
- L'alcool.
- L'environnement.
- L'individu.
Les différentes consommations d'alcool
- Non
usage : celui qui ne consomme pas du tout d'alcool. Il
peut être soit primaire (n'ayant jamais consommé) ou secondaire (ayant
arrêter de consommer).
- Usage
à moindre risque : n’entraînant ni complications
somatiques, ni dommage pour autrui.
- Usage
à risque : alcoolisation ponctuelle ou régulière dont la
consommation est supérieur aux normes de l'O.M.S. et non associé à un
dommage médical, psychique ou social.
- Usage
nocif : caractérisé par au moins un dommage d'ordre
médical, psychique ou social avec absence de dépendance.
- Dépendance
: caractérisé par une perte de la maîtrise de consommation et ayant une
souffrance physique et/ou psychique.
Normes de l'O.M.S. pour une consommation
à moindre risque
- Pas plus de 3 verres par jour pour un
homme et pas plus de 2 verres par jour pour une femme.
- Abstinence d'une journée par semaine.
- Ne pas consommer plus de 4 verres par
occasion de boire.
Conséquences de l'alcoolisation
Conséquence somatique
- Faciès congestionné et couperosé.
- Haleine alcoolisée.
- Tremblement des doigts, des lèvres ou de
la langue.
- Signe digestif (anorexie), dénutrition.
- Troubles nerveux.
Conséquence psychique
- Hallucination du buveur.
- Démence.
- Délire chronique.
- Syndrome de Korsakoff : syndrome
amnésique global isolé avec désorientation temporo-spatiale, manque
d'initiative et parfois, éléments de fabulation
Conséquence familiale et
socio-professionnelle
Conséquence biologique
- Augmentation des enzymes et
transaminases hépatiques : lyse hépatique.
- Augmentation du volume globulaire moyen
: 85 – 95 microm3.
- Carence en folates, vitamines due à la
dénutrition.
- CDT (Carbohydrate Déficiente
Transferrine) : marqueur de l'alcoolisation récente : < 2,6%.
- Hypoglycémie.
- Hyperlipidémie : recherche d'une poussée
de pancréatite associée.
- Hypertonie osmotique : effet diurétique
par l'alcool.
- Acidose métabolique : par nécrose.
- Hyperuricémie : peut être due à la
destruction cellulaire.
L'intoxication éthylique aigue
Manifestations cliniques
- Phase d'excitation psychomotrice :
- Euphorie.
- Logorrhée.
- Humeur variable.
- Phase ataxique :
- Trouble de l'équilibre.
- Ataxie : mauvaise coordination des
mouvements volontaires entraînant la perte d’équilibre.
- Somnolence, regard vague.
- Syndrome cérébelleux aigu : hypotonie,
ataxie cérébelleuse (troubles de la station debout et de la marche),
dysarthrie.
- Confusion, désorientation.
- Vertiges.
- Phase de coma :
- Mydriase.
- Abolition des réflexes et de la
sensibilité.
- Hypotension artérielle.
- Hypothermie.
- Hypoventilation, risque d'encombrement.
Complications
- Déshydratation immédiate.
- Hépatite alcoolique aigue : douleur,
ictère.
- Rhabdomyolyse : nécrose musculaire d'où
l'augmentation des CPK.
Traitement
- Phase d'excitation psychomotrice : pas
de thérapeutique car régression spontanée des symptômes en 3 à 6
heures. Sédation benzodiazépine si nécessaire.
- Traiter l'hypoglycémie.
- Réhydrater.
- Surveillance des paramètres : tension
artérielle, pulsation, conscience, mydriase, fréquence respiratoire,
sueur, diurèse, tremblements.
L'alcoolo-dépendance
Le sevrage
alcoolique est un sevrage à risque vital et pouvant laisser des
séquelles.
- Traitement anxiolytique.
- Hydratation : 2 à 3 litres d'eau par
jour.
- Apport vitaminique : B1, B6, PP
(carences car le foie ne métabolise plus ces vitamines).
- Lorsque les vitamines sont passées par
perfusion, elles doivent être associé à un soluté glucosé, sinon risque
de syndrome de Korsakoff.
L'intoxication éthylique chronique
Syndrome de sevrage et manifestations
cliniques
Pré-délirium tremens : survient après 12
à 24 heures de sevrage
- Tremblements intenses.
- Sueurs profuses
- Anxiété, insomnie, agitation.
- Nausées, vomissements.
- Tachycardie.
- Crise comitiale.
Délirum tremens : survient après 24 à 48
heures de sevrage
- Tremblements généralisés.
- Sueurs profuses.
- Syndrome confuso-onirique,
hallucination, désorientation temporo-spatiale.
- Dysarthrie.
- Tachycardie.
- Crise comitiale généralisée.
Complications
- Comportementale : fugue, défenestration.
- Infectieuse : pulmonaire, point de
ponction, urinaire (car rétention à cause des neuroleptiques), trouble
de déglutition, inhalation.
- Neurologique : encéphalopathie, hématome
sous-dural, polynévrite des membres inférieurs, névrite optique
rétro-bulbaire.
Traitements
Pré-délirium tremens
- Chambre d'isolement.
- Hydratation.
- Apport vitaminique.
- Traitement sédatif aux benzodiazépines.
Délirum tremens
- Chambre d'isolement, contention car
beaucoup d'agitation.
- Hydratation intraveineuse.
- Apport vitaminique
- Traitement sédatif aux benzodiazépines.
Surveillance des paramètres
- Pression artérielle.
- Pulsation.
- Conscience.
- Mydriase.
- Fréquence respiratoire.
- Sueur.
- Diurèse.
- Tremblements.
MAJ:06/10/2008