Les comas diabétiques
Le coma acido-cétosique
Le coma acidose-lactose
Le coma hyperosmollaire
Le coma hypoglycémique
Le
coma acido-cétosique
Définition
Le coma
acido-cétosique est une association d'un état clinique avec une perte
progressive de conscience et d'un état biologique avec une diminution
du pH (il est inférieur à 7,20) et une augmentation des taux de corps
cétonique (cétose) dans le sang puis les urines.
L'acido-cétose est la traduction d'une carence sévère en insuline qui
empêche la pénétration cellulaire du glucose. Cette carence peut être
transitoire ou définitive.
L'acétone
est le résultat de la dégradation des lipides.
L'acidose
entraîne une lyse cellulaire qui entraîne une hyperkaliémie
Physiopathologie de la carence en
insuline
La carence
en insuline provoque :
- Une hyperglycémie
(fait par la néoglucogenèse) provoquant une glycosurie
responsable de la polyurie
qui engendre une déshydratation
responsable d'une polydipsie.
- Une carence
cellulaire en glucose provoquant :
- La lyse
des graisses d'où la libération de corps cétonique
(résultat de la dégradation des lipides), les corps cétoniques sont
responsables de l'acétonurie.
- Un amaigrissement
(dû à la lipolyse) qui provoque la polyphagie.
- L'apparition d'une acidose métabolique
et d'une dyspnée
provoquée par la chute
de la réserve alcaline.
Signes cliniques
- Asthénie.
- Déshydratation responsable d'une
polydipsie (soif excessive).
- Polyurie.
- Hypotension.
- Tachycardie.
- Douleur abdominale, nausée, vomissement.
- Trouble visuel.
- Dyspnée avec respiration ample et
bruyante.
Signes biologiques
- Acidose : pH < 7,20
- Hyperkaliémie : l'acidose entraîne une
lyse cellulaire, le potassium est donc libéré dans le sang.
- Diminution de la réserve alcaline
(bicarbonate).
- Hyperglycémie qui devient de plus en
plus importante.
- Glycosurie (présence anormale de glucose
dans les urines).
- Acétonurie (présence anormale de corps
cétonique dans les urines).
- Acétonémie (présence anormale de corps
cétonique dans le sang).
Causes de survenue
- Arrêt volontaire de l'insulinothérapie.
- Panne de la pompe portable.
- Inadaptation de l'insulinothérapie.
- Environnement : stress, infarctus du
myocarde, infection.
- Acidocétose révélatrice.
Prises en charge
- Réhydratation massive : au départ passer
du sérum physiologique à 9‰, ensuite du glucosé.
- Insulinothérapie à action rapide en
intraveineuse pour diminuer la glycémie.
- Pose d'une voie d'abord en cas de
réanimation si pH < 7.
- Bilan sanguin si suspicion d'infection :
CRP, NFS, glycémie, ionogramme, gaz du sang, pH, urée, créatinine,
hémoculture.
- Prise des constantes et E.C.G. car
problème de kaliémie.
- Evaluer l'état de conscience.
- Si le pH ou la réserve alcaline diminue,
suivre la prescription de bicarbonate en intraveineuse.
- Correction des troubles
hydro-électrolytiques.
- Observer l'état des urines qui doivent
être claires, limpides, sinon faire un E.C.B.U.
- Radio pulmonaire à la recherche d'un
foyer infectieux.
- Traiter la cause responsable du diabète.
Le
coma acidose-lactose
Signes cliniques
- Douleur abdominale, nausée, vomissement.
- Tachycardie, hypotension.
Signes biologiques
- Acidose sanguine.
- Augmentation du lactate.
Cause
- Prise de glucophage : celui-ci empêche
le recyclage des lactates.
Traitement
- Alcanalisation en intra-veineuse,
insulinothérapie, traitement de la cause.
Le
coma hyperosmollaire
Signes cliniques
- Déshydratation.
- Sécheresse buccale.
- Fatigue intense.
- Hypotension
Signes biologiques
- Hyperglycémie.
- Insuffisance rénale progressive.
Traitement
- Réhydratation en intra-veineuse.
- Insulinothérapie.
Prévention
- Faire boire.
- Contrôle de la glycémie.
- Rendez-vous avec un diabétologue à la
moindre hyperglycémie.
Le
coma hypoglycémique
Signes cliniques
- Faim impérieuse.
- Tremblement.
- Sueurs.
- Céphalée.
- Palpitation.
- Trouble visuel.
- Pâleur.
- Crise convulsive.
Signes biologiques
Causes de survenue
- Repas insuffisant.
- Exercice physique.
- Erreur dans le dosage ou
l'administration de l'insuline.
- Surdosage des antidiabétiques.
- Méconnaissance des symptômes.
- Prise de médicaments.
Le patient
ne ressent pas les signes : baisse de la sensibilité liée à la
neuropathie ; diminution de la perception due à des hypoglycémies
fréquentes et sévères.
Prises en charge
- Donner 15g de sucre (3 pierres de sucre).
- Avancer l'heure du repas s'il est proche.
- Si l'heure du repas est éloignée, donner
15g de sucre et 40g de pain.
- Une ampoule de glucagon en
intramusculaire. Si pas de reprise de conscience, faire une seconde
injection. Attention, pas plus de 2 injections.
- Voie d'abord afin d'apporter du sucre en
intraveineux, sérum à 30 % et du glucosé à 10 %.
Education du patient
- Faire manger à heure régulière.
- Toujours avoir sur soi de quoi se
resucrer.
- Surveiller la glycémie.
- Adapter la dose d'insuline à la glycémie.
- Education par rapport aux sites
d'infection.
- Eduquer la famille qui doit connaître
les signes de l'hypoglycémie.
MAJ:24/02/2009
Voir aussi :