L'épuration extra-rénale
Définition
Mécanismes
de transfert des solutés
Indications
Matériel
Réalisation du
soin : l'hémodialyse
Réalisation du soin :
l'hémofiltration
Réalisation du soin :
l'hémodiafiltration
Risques et
complications
Surveillances et
évaluations
Définition
L'épuration extra-rénale est une méthode d'élimination des sécrétions
(substances et liquides) en excès des reins afin de palier le déficit
de la fonction excrétrice de ceux-ci.
Il existe
3 méthodes d'épuration extra-rénale :
- L'hémofiltration : mécanisme
d'ultrafiltration (convection).
- L'hémodialyse : mécanisme de
diffusion (conduction).
- L'hémodiafiltration : mécanismes
d'ultrafiltration
(convection) et de diffusion (conduction).
Mécanismes
de transfert des solutés
Il y a
deux mécanismes de transfert de soluté pour la dialyse rénale :
- La diffusion ou conduction.
- L'ultrafiltration ou convection.
La
diffusion
La diffusion ou conduction est le transfert passif de soluté et de
molécules de
faibles poids moléculaire selon un gradient de concentration du milieu
le plus concentré vers le moins concentré.
Il n'y a
pas de passage de solvant (eau).
Lorsqu'on met en contact deux solutions (en l'occurrence, le sang et le
dialysat) contenant différentes concentrations de certaines substances, séparées
par une membrane semi-perméable, les molécules qui les composent se répartissent
de l'une vers l'autre en se déplaçant du milieu le plus concentré vers le moins
concentré, jusqu'à l'obtention d'un équilibre. La membrane comporte une
multitude de trous de tailles différentes, de façon à ce que les petites comme
les grosses molécules puissent la traverser, mais pas les cellules
sanguines.
Les minéraux en excès dans le sang vont passer dans le dialysat,
et réciproquement.
Elle est dépendante de :
- La concentration de part et d'autre de
la membrane.
- La surface d'échange : la membrane.

L'ultrafiltration
L'ultrafiltration ou convection est le transfert actif de
soluté et de solvant (eau)
selon un gradient de pression hydrostatique de chaque coté de la
membrane, avec une pression positive dans le compartiment sanguin (chez
le patient) et une pression négative dans le compartiment du dialysat.
C'est ce phénomène qui va permettre de corriger l'excès de liquide dans le sang
du malade. On exerce une pression sur le compartiment sanguin, l'eau qu'elle
contient en excès traverse la membrane et rejoint le dialysat.
Elle est dépendante du :
- Débit de filtration.
- La
taille des pores de la membrane : degré de porosité de la membrane (la
taille des pores de la membrane va limiter le transfert).

Indications
- Insuffisance rénale aiguë.
- Intoxications médicamenteuses.
- Rétention hydrosodée sévère d'origine
insuffisance cardiaque.
- Troubles sévères de la thermorégulation.
Matériel
- Un générateur :
- Le
générateur est alimenté par de l'eau de qualité pour l'hémodialyse, il
prépare le dialysat et contrôle son pH et sa température; il assure le
circulation du dialysat, l'ultrafiltration ainsi que la circulation
extra-corporelle.
- Un dialyseur :
- Le
dialyseur ou hémofiltre ou rein artificiel est constitué d'une membrane
semi-perméable disposée de telle sorte qu'elle délimite un compartiment
interne dans lequel le sang circule, et un compartiment externe dans
lequel circule le dialysat en sens inverse.
- Un abord vasculaire :
- L'hémodialyse nécessite une voie d'abord
vasculaire capable de donner un débit de l'ordre de 300ml/ minute.
- Cathéter veineux de gros calibre à
double lumière : fémoral, sous-clavier, jugulaire interne.
- Fistule artério-veineuse :
- Quand
le vaisseau n'est plus de bonne qualité, le chirurgien crée un vaisseau
artificiel, la fistule : c'est l'anastomose de deux vaisseaux, une
artère et une veine. Le débit sanguin provenant de l'artère passera
ainsi en partie directement dans le réseau veineux périphérique, ce qui
provoquera un gonflement de la veine, sur plusieurs semaines,
permettant ainsi un accès privilégié pour les séances d'hémodialyse.
- Un circuit extra-corporel :
- Ligne "artérielle" : allant du patient
vers le dialyseur.
- Ligne "veineuse" : allant du dialyseur
vers le patient.
L'hémodialyse
L'hémodialyse fait appel au mécanisme de diffusion
(conduction).

- Le sang est aspiré par la ligne
"artérielle" (ligne rouge) par la pompe à sang.
- Le
sang est mélangé à un anticoagulant qui permet d'éviter une coagulation
du sang dans le système d'épuration extracorporel par activation de la
coagulation au contact des matériaux exogènes.
- Le sang passe à travers un dialyseur
perméable composé de fibres capillaires creuses.
- Le
dialysat circule dans l'hémofiltre à contre-courant du flux
sanguin, la
membrane joue son rôle de filtre, il n'y a pas de contact entre le
dialysat et le sang.
- Le liquide effluent (filtrat) est
recueilli dans une poche suspendue à une balance qui calcule
le poids des sorties liquidiennes (filtrat).
- La quantité de filtrat recueilli doit
correspondre à la perte de poids nette souhaitée.
- Le
dialysat et le filtrat sont contrôlés par les pompes de dialysat et
d'effluent, qui calculent les entrées et les sorties liquidiennes.
- Le sang hémodialysé est réinjecté au
patient par la ligne "veineuse" (ligne bleue).
L'hémofiltration
L'hémofiltration fait appel au mécanisme d'ultrafiltration
(convection).

- Le sang est aspiré par la ligne
"artérielle" (ligne rouge) par la pompe à sang.
- Le
sang est mélangé à un anticoagulant qui permet d'éviter une coagulation
du sang dans le système d'épuration extracorporel par activation de la
coagulation au contact des matériaux exogènes.
- Le sang passe à travers un dialyseur de
haute perméabilité composé de fibres capillaires creuses.
- Une
solution stérile de substitution physiologique est injectée dans le
sang avant ou après le dialyseur pour compenser la perte liquidienne.
Elle est suspendue à une balance qui permet de calculer les entrées
liquidiennes.
- Prédilution : injection sur la ligne
artérielle : avant le filtre.
- Postdilution : injection sur la ligne
veineuse : après le filtre.
- Le liquide effluent (filtrat) est
recueilli dans une poche suspendue à une balance qui permet de calculer
les entrées liquidiennes.
- Les balances et les pompes de
substitution et d'effluent, calculent les entrées et les sorties
liquidiennes et contrôlent et compensent les
solutions de substitution et de filtrat.
- Le sang hémofiltré est réinjecté au
patient par la ligne "veineuse".
L'hémodiafiltration
L'hémofiltration
fait appel aux deux mécanismes de transfert de soluté,
l'ultrafiltration
(convection) et la diffusion
(conduction).

- Le sang est aspiré par la ligne
"artérielle" (ligne rouge) par la pompe à sang.
- Le
sang est mélangé à un anticoagulant qui permet d'éviter une coagulation
du sang dans le système d'épuration extracorporel par activation de la
coagulation au contact des matériaux exogènes.
- Le sang passe à travers un dialyseur de
haute perméabilité composé de fibres capillaires creuses.
- Le
dialysat circule dans l'hémofiltre à contre-courant du flux sanguin, la
membrane joue son rôle de filtre, il n'y a pas de contact entre le
dialysat et le sang.
- Une
solution stérile de substitution physiologique est injectée dans le
sang avant ou après le dialyseur pour compenser la perte liquidienne.
Elle est suspendue à une balance qui permet de calculer les entrées
liquidiennes.
- Prédilution : injection sur la ligne
artérielle : avant le filtre.
- Postdilution : injection sur la ligne
veineuse : après le filtre.
- Le liquide effluent (filtrat) est
recueilli dans une poche suspendue à une balance.
- La
solution de substitution, le filtrat et le dyalisat sont contrôlés et
compensés par les balances et par les pompes de substitution, de
dialysat et d'effluent, qui calculent les entrées et les sorties
liquidiennes.
- Le sang hémodiafiltré est réinjecté au
patient par la ligne "veineuse".
Risques
et complications
Cliniques
- Embolie gazeuse : toux, dyspnée,
cyanose, agitation, vomissement.
- Mettre le patient en position déclive,
arrêter la dialyse, prévenir le médecin, surveiller les signes.
- Pression artérielle :
- Hypertension artérielle.
- Hypotension
artérielle (bâillement, nausées, sueurs, gaz voire diarrhée) : liée à
un débit trop rapide ou a une perte de poids élevée.
- Rythme cardiaque :
- Troubles du rythme : liés à une
hypovolémie ou une hypokaliémie.
- Etat général :
- Hypothermie : défaut de chauffage du
dialysat.
- Crampes : débit d'ultrafiltration trop
élevé.
- Céphalées : hypertension artérielle ou
diminution du taux d'urée.
Techniques
- Entrée d'air dans le circuit.
- Coagulation du circuit sanguin.
- Pression transmembranaire élevée,
supérieure à celle du sang : obstruction.
- Déconnexion.
Surveillances
et évaluations
Avant la dialyse et entre les séances
- Etat
de la fistule : aspect de la veine, qualité du souffle et du thrill (la
fistule doit frémir à la palpation et être audible à l'auscultation).
- Pression artérielle : avant et après.
- Poids : avant et après.
Pendant la dialyse
- Etat général du patient : nausées,
vomissements, crampes, bâillement.
- Pression artérielle.
- Contrôle
des débits :
- Débit sang (ml/min) : est
déterminé par le débit
cardiaque du patient, le résistance interne du circuit à l’écoulement
du sang et le différence de pression entre l’artère et la
veine.
- Débit liquide effluent (ml/min).
- Débit restitution (ml/min).
- Débit dialysat (ml/min).
- Contrôle
des pressions :
- Pression
entrée (mmHg) :
- limites usuelles : - 50 / +150 mmHg :
- doit être négative (aspiration).
- max - 250 mmHg.
- proche de 0 si débit faible.
- Si de plus en plus négative : début de
coagulation du cathéter : rincer avec Nacl 0,9% ou héparine de rinçage.
- Pression
trans-membranaire (PTM) : filtre (mmHg) : représente la
différence de
pression entre le compartiment sanguin (pression artérielle, pression
veineuse) et le compartiment ultrafiltrat.
- limites usuelles : +100 / +250 mmHg.
- si de plus en plus positive : début de
coagulation du filtre : vérifier et remettre à zéro le niveau de la
chambre de dégazage.
- Pression
effluent (mmHg) :
- limites usuelles : -150 / +50 mmHg.
- Si de plus en plus positive : début de
coagulation du filtre : vérifier et remettre à zéro le niveau de la
chambre de dégazage.
- Pression
retour (mmHg) : limites usuelles : +50 / +150 mmHg :
- doit être positive (restitution).
- max +350 mmHg.
- si de plus en plus positive : début de
coagulation du cathéter : rincer avec Nacl 0,9% ou héparine de rinçage.
- Contrôle de la seringue d'anticoagulant.
- Contrôle des lignes : absence de pliure,
de fuite, de bulle d'air.
MAJ:16/02/2009